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Chao l’artiste…

En cette journée de mardi ensoleillé, Théophile est au sommet du grand Pic de la Meije avec Charlie et Colin, pendant que Nino se lime les doigts sur les falaises d’Orpierre. Le Tour de l’Isère va bientôt sortir des Écrins et tout va bien. Quand le téléphone sonne, personne ne se doute qu’une mauvaise nouvelle est au bout du fil. Patrice Bret est mort. Les mots sont implacables et douloureux.

Samedi, Léa et Nino sont redescendus du Refuge du Promontoire, sous une pluie battante, après une belle Horreur du Bide (voie en ED-) à la Meije. Au même moment, notre « Pat » partait vers le Mont Chetif en reconnaissance pour une sortie familiale, pendant ses vacances. Une sortie tranquille, peut-être trop, du rocher mouillé, et voilà, la chute est fatale.

Patrice était notre professeur à l’Option Montagne du lycée Ferdinand Buisson de Voiron, durant 3 ans. En fait, le Tour de l’Isère c’est aussi en grosse partie grâce à lui. Il nous a fait découvrir tous les sports liés à la montagne : alpinisme, escalade, canoning, cascade de glace, ski de rando, raids en montagne..Comment marcher sur un glacier ? Comment faire un rappel ? Quand et comment aller en montagne ? Beaucoup de connaissances et gestes techniques que Pat nous a enseigné. Et puis il est devenu plus qu’un professeur, il est devenu un ami, à travers des moments forts passés avec lui, des bières après des courses, des baignades dans des torrents glaciaires… Pat nous a permis de goûter à la liberté d’être, d’agir, de rêver, de sécurité, tant d’évasions que nous offrent la montagne, et que nous sommes si heureux de vivre et de partager aujourd’hui. Et au-delà de son métier de guide, c’était un chouette gaillard, un joyeux luron. Nombreuses sont les qualités qu’on pourrait lui donner. Nous retiendrons un homme humble, plein d’humanité, toujours motivé, solidaire et attentionné. La tête en l’air, le regard vers les sommets, et en même temps très proche des Hommes.

Patrice nous avait rejoint sur le Tour de l’Isère fin juillet, pour une sacré journée, entre les Rouies et Pics du Vaccivier ! L’une des plus longues et intenses du Tour, il faut dire qu’il avait la Patate le Pat ! Des échanges simples, des rires, un calme à toute épreuve. Des souvenirs qui resteront à vie pour nous.

Une grosse pensée pour la famille, les proches, les amis.

Chao Patrice, et merci.

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Avec Patrice (à gauche) au sommet des Rouies

Le site de Patrice : http://tetenlair.webnode.fr/

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La frontière à tout prix?

Le Tour de l’Isère… Parcourir « l’intégralité » et « d’un seul tenant » la frontière d’un département plutôt coriace. On aurait pu choisir les Vosges, ou l’Indre-et-Loire, voir le Finistère, mais le voyage local imposait de rester chez nous, du pas de sa porte jusqu’au pas de sa porte. Et puis Lionel Daudet lui, il l’a fait cette fameuse frontière, entre les Hautes Alpes et l’Isère, pendant son tour : la fameuse traversée des Écrins, depuis le Pic des Souffles jusqu’au Râteau, en passant par l’Olan, les Rouies, les Bans, l’Ailefroide, la Barre des Ecrins, la Meije,… Alors on y va, et au mètre près ! Des arêtes à n’en plus finir, plusieurs sommets par jour, des journées entre 12 et 15h, retour au point exact après les pauses, un beau défi sportif en vérité. Quelques parties bien moches et engagées, comme la traversée des Pics du Vaccivier, ou les arêtes après la Pointe du Sélé.

Et là vient la fameuse question : faut-il privilégier la performance ou le plaisir? Jusqu’à quel point faut-il prendre des risques? En fait tout commence à l’Ailefroide, avec la fameuse descente de Coste Rouge. On en a entendu parler de celle-là, on a gambergé, on y va on y va pas, etc… Et puis la raison prend le dessus, ce sera la traversée intégrale des Ailefroides, mais au diable cette fameuse descente, qui nous parait trop engagée. Alors viens la réflexion, comment veut-on poursuivre ce Tour de l’Isère? Pourquoi continuer scrupuleusement sur les arêtes et passer à côté de grandes voies magnifiques? Alors l’humain prend le dessus sur la frontière, et on sort du cadre. Nous ne sommes pas des super héros, nous ne sommes pas Lionel Daudet, c’est notre projet, aucune pression médiatique, voici l’heure de la métamorphose, du remodelage de la frontière façon Sentiers du Devenir ! Dans la recette on ajoute quelques grandes voies d’escalade, et pas des plus simples : « Le Toit de son maitre » au Pic Maitre (TD+), peut être « Mitchka » à la Meije (ED+) si on trouve des compagnons de cordée, « Action Directe » au Pic Nord des Cavales si le cœur nous en dit… Et puis pourquoi pas de la highline, du parapente, parce que avec la psychorigidité de la frontière, on l’avait oublié la partie multiactivité. On se recentre sur l’humain, avec le Pic Coolidge à 17 personnes, on prend le temps de convier plus de personnes sur le Tour, on privilégie l’esthétisme, et que celle ou celui qui veut combler les parties manquantes nous contacte pour participer.

Une autre de nos préoccupations est le temps : le Tour de l’Isère c’était à la base l’été 2016, juin juillet août, on boucle tout ça et on s’en va, un point c’est tout. Oui mais on avait pas forcément prévu la météo, l’absence de compagnons de cordée, la fatigue, etc… Et on se retrouve entre le 17 et 19 août à la Meije, alors qu’on devrait déjà être en Belledonne !! C’est grave? On est nul? Pas du tout ! C’est ça aussi la transition, savoir s’adapter au cas par cas, changer les plans au gré des vents, partir sur de nouveau horizons. Le Tour de l’Isère n’est pas fini, et bien tant mieux, cela comblera nos week-end de bonheur en septembre, octobre, et pourquoi pas novembre, pour continuer sur la frontière, ou à côté, tout cela avec plaisir. Nous sommes très contents des courses effectuées, de celles à venir, nous avons partagé des moments très forts avec des alpinistes, gardiens de refuge, autostoppeurs, chamois, copains, et c’est cela qui nous intéresse. La montagne nous permet de méditer les transitions naturelles et humaines, intérieures et extérieures, ça fait du bien de prendre le temps de concrétiser un rêve. Et comme d’habitude, on vous invite à nous y rejoindre, car un rêve ne se réalise jamais tout seul !

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Au sommet du Pic Maitre, après la première grande voie du Tour de l’Isère et « entorse » à la frontière

Retour sur l’événement Bérarde

Ce week-end (5, 6 et 7 août) nous étions autour de la Bérarde, pour un événement ouvert au public, dans le cadre du Tour de l’Isère.

Vendredi soir, le refuge CAF de la Bérarde nous a mis à disposition une salle pour une conférence autour de la thématique suivante : Les transitions en montagne, naturelles et humaines. Nous avons réunis une cinquantaine de personnes, a qui nous avons présenté le projet Tour de l’Isère, et Sommet(s) pour le Climat. Nous avons pu également expliquer notre vision du projet dans les prochains jours, en comparant plaisir et  et performance, frontière et liberté. Enfin, nous avons enchainé sur une discussion ouverte. Les thèmes abordés furent le projet Negawatt, la sobriété heureuse, la simplicité volontaire, la transition énergétique, les transitions dans l’alimentation et le transport, pour finir sur la concrétisation de nos rêves, le Tour de l’Isère en étant un à la base. Il nous a paru important d’insister sur le fait que chaque petit acte du quotidien est important, chaque pas en avant est une progression, et qu’il n’est pas nécessaire d’être extrémiste pour changer le monde.

Samedi, nous sommes monté au refuge Temple Écrins avec 17 personnes (merci à Théophile, Nino, Clement, Philibert, Marion, Remi, Benjamin, Gus, Claire, Vincent, Jean-Philippe, Pauline, Raphaël, Oriane, Raf, Michka, Heidi).

Dimanche, Pic Coolidge, 3775 m, une chouette initiation à l’Alpinisme pour toute l’équipe.

Voici un petit résumé par l’un des participants :

« Après une après-midi à passer le temps avec des jeux plus ou moins débiles et une bonne (et courte) nuit de sommeil, départ un peu avant 5h pour une montée sans encombre au col de la temple (d’ailleurs le névé de la fin s’appelle Glacier de la Temple sur la carte, ceci explique cela), puis encordement pour un peu de grimpette, de nouveau du névé (avec crampons cette fois, grimpette-le-retour et à 9h nous étions au sommet pour les premiers ! Les derniers arriveront 45min-1h plus tard, nous étions 17 au sommet ! Une belle sortie avec plein de gens sympa dans la bonne humeur, merci le tour de l’Isère ! 🙂« 

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Grand bravo à toute l’équipe !!!

Merci à tous les participants !

La transition au cœur du projet !

On vous en parle depuis le début de ces transitions ! Transition d’alimentation, de transports, d’approche de la montagne, de la notion de temps, de mode de vie, …

Et nous, comment on la vit ? Quand ?

Au quotidien !! Il y a plusieurs phases dans la réalisation du Tour de l’Isère. Celle qu’on voit sur le site, l’avancée de la cordée, qui mange bio, local et de saison, grâce à la Biocoop de Voiron, et à Alpina, notamment. Qui n’utilise que la force de ses jambes, et celle des transports en commun. Qui se couche avec le soleil, économise l’énergie du corps, de l’esprit… et du téléphone !

Mais derrière, il y a toute l’orga, on vous l’a déjà dit. Rien que ça déjà, c’est vivre la transition. Parce que c’est ensemble que s’invente demain, et pas chacun dans notre coin. Vivre le groupe, vivre un projet ensemble, c’est se confronter à la réalité d’un monde en commun, c’est goûter à la pluralité, la richesse de chacun. Ce n’est pas nouveau, mais c’est toujours d’actualité !

Et bien eux aussi, ils vivent la transition ! Il y a bien cette carte google, sur le site. Mais pour le reste, ils vont vous surprendre ! Pour eux qui, de derrière leurs ordinateurs, gèrent bon nombre de données, une quantité d’alternatives leur permettent de réaliser chaque tâche sans subir l’omniprésence des monopoles numériques.

Pourquoi choisir ces alternatives ? Google, Facebook, twitter, microsoft, … Tous ces noms bien connus proposent des services d’une qualité remarquable, sans cesse en progrès, répondant parfaitement à la demande (la créant peut-être ?), et … tout ça gratuitement. Justement, c’est ce gratuit qui permet tout le reste. Car ce que nous n’achetons pas, ils le prennent sur nos informations personnelles. vous trouverez plus d’informations ici.

Parce qu’un monopole est une dictature, encourager l’émancipation d’alternatives est un pouvoir que nous avons, nous, individus, pour briser les règles imposées par les grands. Nous avons choisi un certain nombre d’interfaces mises en place par Framasoft.

  • Framadate à la place d’un doodle, pour trouver une date qui convient au plus grand nombre.
  • Framacalc à la place de google doc pour éditer des tableurs en lignes, modifiables par tous en même temps.
  • Covoiturage-libre, La roue verte, Covoit’Oura, pour se déplacer en covoiturage sans passer par le monopole de blablacar.
  • Ecogine, comme moteur de recherche, dont le fonctionnement est expliqué ici, et qui reverse entièrement ses bénéfices à des associations environnementales (dont la liste est ici).
  • Une boite mail qui combat le contrôle social et la surveillance de masse, riseup.net, se bat pour une liberté d’expression.
  • Le projet du Tour de l’Isère n’a aucun compte à son nom sur les réseaux sociaux. Ce qui ne l’empêche pas d’y être cité !! Cette décision résulte d’une envie de lutter contre la consommation de sensations fortes, de la tendance « m’as-tu vu », et de l’incitation à un regard pervers sur la vie d’autrui que favorise le « mur », la « toile » où l’on affiche à tout va et devant tous sa vie privée… Bien sûr, le réseau social est un merveilleux outil, lorsqu’il est utilisé pour renforcer un lien social. Mais comme chaque outil, il a un mauvais tranchant, exacerbé par le profit que se fait l’entreprise à l’insu de l’utilisateur. Là encore il existe une alternative, où l’utilisateur garde le contrôle de ses données personnelles : Diaspora, ou framasphere.
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La carte bien imaginée de framasoft… !

Évènement à la Bérarde !

Nous vous attendons à la Bérarde pour venir vivre avec nous un moment de discussion autour des transitions que vivent les montagnes, transitions naturelles et humaines. Puis nous partagerons le samedi une randonnée jusqu’au refuge de Temple Ecrins, puis le dimanche, l’ascension du Pic Coolidge, pour les plus téméraires !

Nous nous engageons à vous rembourser vos transports lorsqu’il s’agit de mobilité douce (transisère) sur justificatif. Ne les jetez pas !

Alors venez nombreux vivre un bout de l’aventure avec nous, et respirer l’air frais de la montagne  !

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Merci à tous les Kisskissbankeurs !

Merci à vous tous qui avez participé à l’appel à financement que nous avons lancé pour ce projet !

C’est grâce à tous ceux qui participent de près comme de loin que ce projet se réalise ! Merci à chacun de vous qui avez fait un ravitaillement, nous avez hébergés, transportés, … Et à vous qui nous avez soutenus financièrement !

L’argent récolté va nous permettre de rembourser les trajets réalisés en transport en commun de tous ceux qui auront rejoint le projet à un moment (pensez bien à garder un justificatif !!). Il nous permettra aussi de pouvoir défrayer les membres de l’organisation, et les intervenants qui ont participé ou participeront aux journées tout public proposées par le Tour de l’Isère !

Nous ne vous oublions pas, les contreparties sont en préparation !

La prochaine rencontre tout public aura lieu le week end du 6-7 août à la bérarde ! Nous vous y attendons nombreux !

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Pat, Théo et Nino au sommet des Rouies

Prendre le temps

Après une pause productive et l’obtention du CAPES par notre aventurier poète, voilà 12 jours que le Tour de l’Isère s’attaque aux arêtes du Valgaudemar, dans le fameux massif des Ecrins ! Nous en avons enfin relié la vallée du Valgaudemar à celle de la Bérarde, par le col du Chardon. Il pleut, il mouille, c’est donc le moment de prendre le temps, faire un nouveau point, se reposer, et surtout vous inviter à nous rejoindre !

Le Tour de l’Isère n’est pas simplement une course d’arêtes réservée à des alpinistes chevronnés. Nous vous invitons à prendre le temps de nous rejoindre pour un Gioberney, un Pic Coolidge, un ravito, une soirée en refuge, autant de moment ou se partagent convivialité, rencontre, rires, surprises ! Vous pouvez nous contacter ici.

Nous sommes dans le vallon de la Pilatte pour une semaine environ, avec notamment la traversée des Bans et d’Ailefroide au programme. En plus des courses de montagne, le refuge de la Pilatte, qui sera notre camp de base, propose divers évènements :

  • Lundi 25 juillet : Concert Conte « TARIEK »
  • Jeudi 28 juillet : Concert « Le piano d’Pierrot »
  • Vendredi 29 juillet : Atelier créatif « Livre des Sommets »
  • Concert surprise de violoncelle au sommet du Gioberney (à ne pas rater)
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Refuge de la Pilatte sur fond des Bans, par Hervé Sthioul

Prendre le temps ! Prendre le temps de se rencontrer, prendre le temps de s’arrêter lorsque la pluie l’impose, prendre le temps de se déplacer, prendre le temps de manger, prendre le temps ensemble, …. N’est-ce pas la seule richesse que l’on possède ? Le moment présent, ici et maintenant, les 5 sens en éveil, et pourquoi pas avec le Tour de l’Isère ?

Un évènement tout public se prépare à la Bérarde, le week-end du 6 et 7 août. Plus d’infos très vite !

D’ici là, nous vous attendons à la Pilatte !

La pause, sainte-pause…

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Théophile est rentré en plaine après 20 jours d’expédition collective (entre le 28 mai et le 16 juin). Il est rentré pour passer en vitesse les oraux du CAPES, à Rouen. On fait un point sur les vingt premiers jours, on en parle joyeusement, et on organise la suite.

 

LA PREMIERE PARTIE DU TOUR DE l’ISERE

Si on coupait le Tour de l’Isère en deux parties, on aurait finalisé la première, et certainement la plus facile des deux. Elle a permis de se mettre dedans et de roder les organismes et les organisations. Nous avons sillonné le Nord-Ouest de l’Isère sous une pluie bien présente. Entre le Cirque de St-Même et le Grand-Ferrand, entre la Chartreuse et le Dévoluy, en contours pré-alpins des massifs sérieux, en naviguant le Rhône et en traversant le Vercors : 400km en vélo (VTT et électrique), en kayak, à pied, seul ou (bien) accompagné.

Les heures et les jours passent plutôt vite quand on les occupe à être en faisant, en marchant, pédalant, pagayant gaiement. Et pourtant, on remarque combien, au cœur de l’organisation d’un tel projet, il devient difficile de vivre la prise de temps. C’était un des objets de ce tour : prendre le temps de se poser des questions, de partir à la rencontre de chez soi, de soi, des autres… de ceux et celles qui avancent et de ceux et celles qui aident, hébergent, accompagnent, organisent, portent, soutiennent…

Ces vingt premiers jours d’efforts ont été riches en rencontres :

  • 10 familles différentes ont accueillis Théophile et ses compagn-e-ons éventuel-le-s, offrant le gite, la chaleur humaine et physique pour essuyer les os et laines mouillés. Qu’il nous soit déjà permis de les remercier bien fort !
  • Théophile a partagé le chemin avec 25 personnes différentes.
  • Plus de 50 personnes ont participé aux deux événements collectifs tout public : à Revel-Tourdan et au Mont-Aiguille.
  • Une quinzaine de personnes dans l’équipe du Tour pour assurer son organisation pratique et logistique.

C’est merveilleux non ?! Tout ce petit monde qui se rencontre et qui se démène en échangeant autant sur la bonne tenue d’une cape de pluie que sur la faisabilité pratique d’une alimentation sans pesticide à kilomètre zéro, ou sur l’épaisseur spirituelle du voyage à la maison. Un voyage, on se dit, c’est pas aller loin et y aller vite, mais accepter de sortir de soi pour aller, un temps, vers ce qui nous est étranger. Et si l’étranger commence au pas de sa porte, alors on se dit qu’on peut voyager partout, ici et ailleurs. Cette centaine de personnes affairées ressemblent curieusement à une bonne centaine de voyageurs.

On a pas vraiment tout fait comme on aurait voulu… y a même eu un ravito en voiture et un repas avec du pain issu de l’agriculture conventionnelle ! Brrr…

On s’en est remis. On voudrait faire mieux, toujours, mais ça aussi on essaye de l’apprendre. Comment se satisfaire à l’intérieur des limites ? A l’intérieur des limites physiques et énergétiques du monde autant qu’à l’intérieur des limites de chacun-e ?

Le Tour n’avance pas à la vitesse de Théophile. Le Tour avance à la vitesse moyenne d’organisation et de motivation d’un collectif bénévoles de 15 inconnu-e-s qui deviennent des ami-e-s et de quelques dizaines de complices rencontré-e-s sur la route.

On avance à la vitesse de la rencontre.

Faire Pause

Elle nous fait du bien cette pause ! Elle donne du relief (et on s’y connaît en relief, vous allez voir bientôt) pour apprécier ce que nous construisons et cheminons ensemble. Au cœur de l’activité, on a pas toujours le recul nécessaire pour apprécier ce que nous sommes en train de faire.

Cette pause, obligatoirement prévue pour que Théophile passe son CAPES, remet d’aplomb un physique éprouvé et une organisation très sollicitée.

La pause digère l’activité. Arrêtons de cheminer, regardons ce qu’on a fait et envisageons, à partir de cela, la suite. Nous, 15 bénévoles qui assurons le roulement du Tour, nous pouvons souffler une semaine. Et ainsi se retrouver. Au cœur du « faire » de la logistique, se souvenir que l’on vit également « l’être » d’un voyage de transitions.

C’est beau hein ? Mais c’est pas évident. Parce qu’on cravache pas mal par ailleurs, chacun-e d’entre nous, et parce qu’on a sérieusement les yeux tournés vers ce qui nous attend. Parce qu’on est dans l’espace de transition d’un voyage de transition qui nous en demande, de dedans à dehors, des petits bouts de transition. La pause entre les deux parties du tour signe également un saut vers les hautes montagne du paysage isérois. Un saut également dans les difficultés techniques et logistiques du parcours. De la pagaye et de la roue, on passe aux piolets et aux crampons. Les étapes d’alpinisme approchent, et avec elle un peu de l’appréhension et de l’enthousiasme d’aller vers la haute montagne qui nous inspire et nous aspire.

Et nous fait dire : mais où l’on peut ravitailler entre le Pic des Souffles et les Rouies, bon sang…, il manque un compagn-e-on (solide alpiniste) de cordée la première semaine de juillet, zut…, si cette météo se stabilisait ce serait pas plus mal, tout de même…, faut alléger les sacs, absolument…, on y va, aller !, on y va ?

Vers la montagne

Pour la suite, faudrait repartir du Grand Ferrand, que la pluie nous a fait raccourcir, et aller ensuite se frotter aux dernières neiges des Écrins (les coquines). Une autre paire de manche pour Théo et ceux/celles qui fouleront les cailloux (et la neige, donc).

Pour la suite, faudrait qu’on trouve des points de rencontre. Ça va être chaud de trouver Théo sur ces arêtes effilées… Suivez bien le truc, on va essayer d’organiser des rencontres en refuge, de le faire descendre à la Bérarde pour parler de la montagne, etc.

Pour la suite, faudrait allier intensité et prise de recul, engagement et bon sens, éloignement et proximité… va falloir se faire hommes et femmes véritables au cœur des paradoxes qui tendent nos désirs et nos réalités (où sont mes limites ? quelle est la place du renoncement ? Quelle véritable confiance je peux avoir dans l’autre, quand c’est la vie qui est en jeu et non plus seulement une heure de sommeil ?).

Pour la suite, faudrait rejoindre les pas de Lionel Daudet, puisque nous ferons limite commune avec les Hautes-Alpes (département donc ce cher Lionel a parcouru déjà la frontière, nous inspirant pas qu’un peu). Suivre ses pas mais suivre les nôtres, car la beauté et le sens de ces aventures, c’est bien qu’elles soient construites sur ce qui constitue au plus profond celui, celle-s ou ceux qui les réalisent. Notre richesse se cultive dans ce qui nous fait uniques, quelques soient les ressemblances et les différences. Il y a de l’irréductiblement particulier dans toute expérience humaine. L’attachement à ce particulier nous amène à prendre conscience de ce que l’on fait et à ne pas trop se laisser dicter nos vies par la machine à unifier.

La complexité humaine de cette œuvre collective s’affronte comme une rude voie d’alpinisme. Comment ne pas s’emmêler ? Comment arriver à trouver encore et toujours le goût dans un engagement aussi totalisant ? C’est simple si on est là, pas trop loin, et qu’on arrive à vivre ensemble. On savoure le mélange du simple et du complexe qui parfois nous fait foirer et parfois exulter.

Pour la suite, faudrait que vous veniez, on se raconterait des choses.

On repart tout bientôt… du Grand-Ferrand, puis Corps, puis les Ecrins… en attendant, on prends des vélos, des trains et des bus pour aller porter en montagne (la Bérarde, La Chapelle-en-Valgaudemar…) des dépôts de vivres (bio) et de matériels.

FR3, lundi 13 juin 2016

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Il fait son « Tour de l’Isère », sans moyen de locomotion motorisé !

Lundi 13 juin 2016, Françoise Guais, Vincent Habran et Lisa Bouchaud de FR3 Rhône Alpes Auvergne ont rejoins Théophile (accompagné ce jour de Capucine et Marion) au Col du Mené limite Isère Drôme

C’est, géographiquement la moitié du Tour mais il reste la partie la plus ardue d’alpinisme en commençant par le Dévoluy puis les Ecrins et ses grands sommets et continuer en Belledone. Au cours de ce périple Théophile avance intérieurement aussi sur « comment se vivre autrement ».

Retour sur la soirée du 11 juin au Mont-Aiguille

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Samedi 11 juin 2016, le Tour de l’Isère a fait escale à Chichilianne. Théophile, pour qui l’avancée se passe pas si mal que ça !, s’autorise un petit détour pour réaliser l’ascension du mont aiguille accompagné de quelques amis et personnes intéressées par son projet. Le point info de la commune de Chichilianne et son animatrice Agnès Trégret a – pour sa première manifestation – accueilli chaleureusement l’équipe du Tour de l’Isère.

A partir de 18h heures, Yann Souriau, maire de Chichilianne a souhaité la bienvenue à tous les participants réunis pour ce moment de rencontre et d’échange. Son souhait de voir cette salle devenir un lieu de rencontre a permis de lancer un débat qui fut riche et passionnant.

Benoit Betton, responsable du pôle Gestion des milieux, des espèces et des ressources au parc naturel régional du Vercors a démarré cette conférence par la présentation des missions du PNRV. Puis a suivi la projection d’un film sur la réserve naturelle. Renaud Batisse coordonnateur de la police de la réserve naturelle a ensuite expliqué le travail en cours avec tous les acteurs du territoire pour l’élaboration de la future charte.

Les 20 personnes présentes ont pu échanger autour du besoin de concilier une activité de loisirs dans un site naturel exceptionnel avec le respect des activités pastorales, le respect de la flore et de la faune tels les grands rapaces habitants de ce territoire. Ces questions ont permis à David Leroy, éco-garde de la réserve de raconter son travail quotidien sur le terrain, de pédagogie et d’explication. Amis randonneurs il vous est rappelé que les patous (chiens de bergers) sont là pour protéger les brebis et que le loup n’est pas le seul à déranger les troupeaux…

Les intervenants ont insisté sur le travail de concertation que le parc met en œuvre depuis de nombreuses années pour garantir l’équilibre nécessaire sur ce territoire de montagne où des activités parfois contraires sont pratiquées.

Monsieur le maire a conclu les 2 heures 30 d’échanges en présentant un cas concret qui touche actuellement le village de Chichiliane, à savoir la présence du loup et les attaques de brebis.

Les éleveurs, les chasseurs, les chamois, les randonneurs, les grimpeurs, les vautours et tous les autres réussiront-ils à poursuivre leur partage en bonne intelligence de cet espace naturel remarquable et fragile ? Cette rencontre et la qualité des interventions des personnels du PNRV sont le signe que le défi sera relevé.